Honneur au meilleur ami de l’homme

Le 15 août 2010, à la Stara Posta, un monument consacré à la mémoire des chevaux tombés lors de la bataille d'Austerlitz, a été inauguré, en présence d'un public nombreux, et avec le concours de cavaliers et de fantassins, venus participer aux traditionnelles festivités organisées, à l'occasion du jour anniversaire de la naissance de Napoléon, par les infatigables membres du Projet Austerlitz, M. Miroslav Jandora en tête, et en présence du ministre Vit Barta, patron du monument, et grand amateur de l'épopée napoléonienne.

Après une matinée durant laquelle la pluie n'avait cessé de tomber, le soleil (d'Austerlitz !), enfin, se montrait, à 14 h 00, à l'heure pour cette inauguration.

C'était là la dernière phase d'un projet né il y a quelques années à l'initiative de M. Tomas Dolezal, qui souhaitait commémorer de manière convenable le destin des milliers de chevaux  morts durant la bataille des Trois Empereurs, soutenus en cela par le président de la C.E.N.S. (Central European Napoleonic Society) Ivan Vystrcil, Jiri Podolsky (copropriétaire de la Stara Posta), le professeur Miroslav Hirt et Miroslav Jandora (Projet Austerlitz).

Les initiateurs souhaitaient également faire de ce monument un lieu symbolisant la relation entre l'homme et le cheval sous toutes les formes, un lieu où les amis de ce noble animal pourraient se souvenir des chevaux disparus lors des conflits armés entre les nations.

Le nouveau bosquet dans l'aire de la célèbre Stara Posta n'a pas été choisi au hasard. D'une part, celle-ci se situe à proximité de cette « plaine de la cavalerie », où se déroulèrent les grands combats entre la cavalerie française et russe pendant la bataille d'Austerlitz, et où tant d'hommes et de chevaux, ensemble, rencontrèrent la mort. D'autre part, servant de relais de poste, sur la route qui menait à Olmutz et à la Pologne, il y avait là, à l'époque de la bataille, de nombreux chevaux, et la Stara Posta continue, de nos jours, cette tradition.

L'émouvant monument inauguré, œuvre du sculpteur tchèque Nikos Armutidis, représente un cheval grandeur nature, qui se cabre à l'instant où la mort le terrasse.

Il doit rappeler aux visiteurs que le cheval (hélas sans doute moins de nos jours) accompagne l'homme dans les bons et les mauvais moments de sa vie, à la différence qu'il ne peut choisir son destin. Et la présence, tout à côté, de chevaux, bien vivants, doit apparaître, dans ce contexte, comme un vibrant symbole.

Robert Ouvrard, correspondant en Autriche du Souvenir Napoléonien.